DEVENIR MÈRE OU COMMENT RIRE DE TOUT.

image

image

On y pense vaguement
Ils ne sont pas encore là.
On les imagine.
On les espère.
On croise les doigts.

On y est.
On l’annonce aux plus proche.
Mais à la Terre entière cela serait mieux.

On caresse notre ventre.
Il a la taille d’une cacahouète.
Il ne sentira rien.
Mais on continue.
On rentre encore dans ses vêtements.
Mais on file acheter quelques trucs « histoire d’être confort tu vois ».

Il grossit.
On vomit
On dort.
On ne mange plus rien.
L’homme commence à se dire que toute cette histoire commence fort.

On a sommeil.
Mais on dort mal.
Alors on passe le stade ultime du glamour : le coussin d’allaitement.
On est au niveau zéro du charme mais au moins on dort.
L’homme commence à comprendre tout ce que ses potes lui ont dit sur la grossesse.

Il trouve ça normal de manger des cornichon avec du Nutella à 02h du matin.

On se trouve belle.
On ne vomit plus.
On sort à nouveau.
On a une pêche d’enfer.
Nos cheveux sont soyeux comme Eva Longoria.
Nos ongles sont longs et forts comme les Spice Girls.
L’homme commence à se dire que tout cette histoire n’est pas si mal finalement.

On se trouve trop grosse, trop lourde, trop large.
On marche comme si un parapluie ouvert était coincé entre nos jambes.
Nos cheveux sont secs, nos ongles se cassent et notre ventre craquelle tel un volcan en éruption.
On se badigeonne de crème matin midi et soir.
On colle mais on s’en fout.

On ne sort plus.
On ne peut plus aller au restaurant.
Après un repas la position allongée est obligatoire.
Donnez moi deux chaises et une couette que je dorme.

On attends.
On fixe des clous, des étagères, on découvre le serum physiologique, le prix du lait en poudre et du thermomètre flash.

On apprend à ouvrir et fermer sa poussette d’une main.
On y arrive.
L’homme commence à se dire qu’il n’est pas si bricolo qu’il ne le dit.

On hésite entre le sein et le biberon.
On épluche tous les blogs pour pouvoir faire un choix.
Et on comprends RIEN.

On attends que super Nanny tape à la porte.
Elle ne vient pas.
On tape à la porte des crèches.
Indisponible pour le moment.
On pleure à la mairie et on a l’air con.
On se dit que s’il faut on fera une grève de la faim pour avoir un peu de considération.
Promis on commence demain parce que là ma religieuse au café me fait de l’œil.

On fait sa valise et celle de son bébé.
On ne le connait pas encore ce petit mais il a déjà ses petites affaires.
On ne veut que du doux, du beau et du soyeux pour lui.
Mais nous c’est slip filet qui gratte et serviette d’un mètre de long.

On sort pas plus loin que le bout de la rue on ne sait jamais.
DE TOUTE FAÇON DIX MÈTRES À PIEDS C’EST COMME ALLER SUR LA LUNE EN SKATE ET REVENIR ALORS.

On a envie de tuer un saumon entier et de le manger avec du wasabi tellement ça nous manque le p***** de japonais.

On s’épile {tiens je ne vois plus mon corps dis donc.
C’est le moment où le miroir devient ton meilleur allié}.
On se fait le brushing et les ongles
Mais il n’arrive pas.

Tout le monde t’appelle.
Tous les jours.
Mais toi tu es encore là.
Tu nettoie toute ta baraque jusqu’à en découvrir des zones inexplorées jusqu’à présent.
Tu danses sur du Cindy Lauper et tu cries à juste titre « girls just want to have fun ».
Le fun se fait attendre je te le dis.
L’homme commence à trouver le temps long et l’odeur de la javel un peu trop présente dans la maisonnée.

Et puis voilà c’est le moment.
Tu dormais bien ça n’était pas arriver depuis trois semaines mais il faut y aller.
Le petit veut sortir.
Tu souris comme une cruche, tu es prête.
Ton brushing n’est pas fait, ton vernis s’écaille et ton homme manque de tomber dans les pommes.
Tu le rassure, le réconforte et tu te dis que franchement nous les meufs on assure grave.

Tu arrives à la maternité.
Il fait froid, les murs sont jaunes poussins et une femme crie au loin.
Tu voudrais partir en faisant le « moonwalk » mais la contraction qui arrive te fais limite courir comme Usain Bolt {le corps en moins} mais la transpiration en plus.

Tu arrives dans cette salle.
Glaciale mais si chaleureuse à la fois.
Tu essaye tant bien que mal de monter sur le lit.
Tu prends de l’élan.
{Renaud Lavillenie sors de mon corps maintenant}.
L’homme commence à se dire que toute cette histoire t’as bien changé toi la fille super féminine et souple {C’EST LE MOMENT IRONIQUE DU BILLET LES GARS}.

Tu pousses, tu cries, tu lui serre la main.
Vous vous regardez comme vous ne l’avez jamais fait.
C’est fort et beau.

Toute la maternité rentre à tour de rôle dans la pièce.
Sans frapper, sans demander l’autorisation.
Des internes, des externes, des chirurgiens, des sages femmes et même le mec qui réparent le néon au fond à gauche qui clignote DEPUIS DEUX HEURES.

Tout le monde.
Tu te dis qu’à partir de maintenant tu peux aller passer tes vacances à Montalivet.
TU ES FREE DU BODY.

Ton mec dégaine le brumisateur.
Tu manques de le tuer.
Il te parle.
Tu veux juste qu’il se taise.
Tu lui fais comprendre.
Il saisit le truc.
Mais tu l’aimes si si.
L’homme commence à se dire que toute cette histoire ne joue pas en sa faveur.

Tu te concentre comme jamais sur ton souffle, sur ton ventre.
Tu te souviens vaguement de ton dernier footing et tu te dis que tu aurais dû persister.

SOYONS CLAIR CETTE IDEE TE TRAVERSES L’ ESPRIT UN TRÈS COURT INSTANT HEIN.

La sage femme te dis qu’à la prochaine c’est bon le bébé sera là.
Tu l’aimes cette meuf vêtue de rose.
Ça fait 20mn qu’elle t’as dit ça et  personne n’est là.
Tu as envie de la buter.

Miracle le petit arrive.
La dame en rose te demande si tu le sens arriver.
Euh oui là pour le sentir je le sens espèce de quiche.

JE ME FERAI BIEN UNE BONNE QUICHE LORRAINE TIENS.

Il est là.
Il est sorti.
Il regarde autour de lui.
Il bouge ses petits pieds.
Il est si parfait.
Tu ne le quittes pas des yeux.
Tu te dis que la vie est incroyable quand même.
Tu te dis que t’es quand même hyper fière de toi.
De l’avoir fait.
Tu regarde l’homme.
Il a les larmes aux yeux.

Les minutes défilent et tu as l’impression que c’est des secondes.
Tu es juste bien.
La fatigue a disparu.
Tu viens de comprendre ce qu’est le bonheur.
Le plus pur bonheur qui existe.
L’homme commence à se dire qu’il t’aime comme un dingue.

C’est long.
C’est pas si simple.
C’est parfois douloureux et légèrement dégradant par moments.
Mais punaise que c’est bon ces moments.

Bon évidemment après il y a TOUTE la suite hein.
Les nuits trop courtes, le mal de dos, les repas froids engloutis, les rendez vous chez la gynéco, les vaccins, les « non » à longueur de journée, les anniversaire avec 10 gosses, les céréales renversées sur le tapis tout neuf, les petites voitures sur lesquelles tu marches à minuit en allant de coucher, les bains qui finissent en dégâts des eaux, les légumes qu’ils ne mangent pas, les frites qu’ils dévorent, la varicelle cette p***, les trajets en voiture {achevez – moi}, toussa toussa.

Mais bon c’est quand même un gros kiffe moi je dis.

J’ai beau réfléchir c’est quand même ce que j’ai fais de plus beau dans ma vie…

Ce billet est spécialement dédié à une personne très chère à mon coeur qui va bientôt devenir maman.
Je t’aime toi et tu seras une merveilleuse maman.

Publicités

9 réflexions sur “DEVENIR MÈRE OU COMMENT RIRE DE TOUT.

  1. Oh punaise le Brumisateur… Pour ma part l’homme n’avait pas compris que je voulais Boire l’eau, il n’arrêtait pas de m’asperger le visage, je criais car j’avais mal alors il m’aspegeait de plus belle… Un grand moment!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s